


Alice Ann Bailey, née Alice LaTrobe Bateman (1880-1949), était une auteur occultiste britannique, membre la Société Théosophique. Elle a écrit une vingtaine de livres ésotériques en collaboration télépathique avec Le Maître Tibétain Djawal Khoul. Dans sa biographie, elle raconte sa participation, à la fête du Wésak dans une vallée du Tibet.

Un autre événement vers la même époque m’apporta la certitude d’un autre monde. Il s’agit d’une chose que, au moment où elle se produisit, je n’aurais jamais pu imaginer, n’ayant aucune indication que de tels événements fussent possibles. Deux fois je fis un rêve en pleine conscience de veille. J’appelais cela des rêves, parce que je ne pouvais pas imaginer, à cette époque, ce que cela pouvait être d’autre. Maintenant, je crois que je participais à quelque chose qui avait réellement lieu. Au moment de ce double événement, cette connaissance était hors du champ de ma conception ordinaire. C’est en cela que réside la valeur de l’événement. Il n’y avait pas de place pour l’autosuggestion, pour une pensée de désir ou l’imagination surexcitée.

Tandis que je vivais et travaillais en Grande-Bretagne, je pris part deux fois à une cérémonie extraordinaire et ce fut à peu près deux décennies après ma participation que je découvris ce qu’il en était. La cérémonie à laquelle je pris part – je finis par le découvrir – a lieu actuellement tous les ans au moment de « la Pleine Lune de Mai« . C’est la pleine lune du mois du calendrier hindou de Vaisakha (le Taureau), selon son ancien nom (*ou Wésak). Ce mois est très important pour tous les bouddhistes et le premier jour de ce mois est la fête nationale, connue comme le Nouvel An hindou. Ce formidable événement a lieu chaque année dans l’Himalaya (*la fête du wésak). Il se tient dans une vallée et ce n’est pas un événement mythique, subconscient, mais une réalité sur le plan physique. Je me trouvais, tout à fait éveillée, dans cette vallée et parmi une vaste foule ordonnée, surtout orientale, mais où il y avait aussi beaucoup d’Occidentaux. Je savais exactement où j’étais dans cette foule et je réalisais que c’était ma véritable place et qu’elle indiquait mon degré spirituel.

La vallée avait une forme large et ovale, rocheuse et entourée de montagnes des deux côtés. Les gens étaient massés face à l’Est et tournés vers un passage étroit et étranglé au bout de la vallée. Juste avant ce passage en forme d’entonnoir, s’élevait un immense rocher surgissant du sol telle une grande table et, au sommet de ce rocher, il y avait une coupe de cristal qui paraissait avoir trois pieds de diamètre. Cette coupe était emplie d’eau. Debout, face à la foule et devant le rocher, il y avait trois silhouettes. Elles formaient un triangle et, à ma surprise, à l’un des sommets du triangle, il me semblait voir le Christ.

La foule qui attendait me paraissait être dans un mouvement constant et, en se mouvant, elle formait de grands symboles familiers : la Croix sous ses différentes formes, le cercle avec son point au centre, l’étoile à cinq branches et divers triangles entrelacés. C’était presque comme une danse solennelle et rythmique, très lente, empreinte de dignité et silencieuse.

Soudain, les trois silhouettes devant le rocher levèrent leurs bras au ciel. La foule se figea dans l’immobilité. A l’extrémité du goulot, on pouvait voir une silhouette dans le ciel, planant au-dessus du passage et s’approchant lentement du rocher. Je sus, de manière certaine et subjective, que c’était Le Bouddha. Je Le reconnaissais ; je savais en même temps que, d’aucune manière, notre Christ n’était diminué. J’eus un aperçu de l’Unité et du Plan auquel le Christ, le Bouddha et tous les Maîtres sont éternellement consacrés.

Je réalisais, pour la première fois, quoique d’une manière vague et incertaine, l’unité de toute manifestation ; je réalisais que toutes les existences, le monde matériel, le royaume spirituel, le disciple aspirant, l’animal évoluant et la beauté des règnes végétal et minéral, constituent un tout divin et vivant, qui se meut pour démontrer la gloire du Seigneur. Je saisis faiblement que les êtres humains ont besoin du Christ et du Bouddha et de tous les membres de la Hiérarchie planétaire et qu’il y a des événements d’une importance beaucoup plus grande pour le progrès de la race humaine que ceux que rapporte l’Histoire. Je restai confondue, car pour moi, à cette époque, les païens étaient toujours les païens et moi, j’étais une chrétienne. Un doute profond resta dans mon esprit. Ma vie fut dorénavant colorée (et elle l’est toujours) par le savoir qu’il y a des Maîtres et des événements subjectifs sur les plans intérieurs spirituels et dans le monde de la signification, qui font partie de la vie elle-même et en sont peut-être la plus importante part…

On dit que les expériences spirituelles les plus profondes et les plus intimes ne devraient jamais être racontées. C’est fondamentalement vrai et aucun véritable « expérimentateur » n’est le moins du monde intéressé par de tels récits. Plus l’expérience est profonde et vitale, moins il y a tentation d’en parler. Seuls les débutants, qui portent des événements théoriques et imaginaires dans leur conscience, parlent de telles expériences. Mais c’est délibérément que j’ai relaté ces deux événements subjectifs (le premier l’était-il vraiment ?) parce qu’il est temps que les gens d’un certain niveau et qui sont reconnus comme sains et intelligents, puissent apporter leur témoignage à ce qui est fréquemment discrédité, en tant que mystiques et occultistes. J’ai un bon niveau de femme intelligente et normale, d’écrivain créateur et actif, et je choisis d’ajouter ma connaissance et ma conviction aux témoignages de bien d’autres, au cours des siècles…

Source : Autobiographie Inachevée, Alice Ann Bailey

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