Présentation du Maître Koot-Hoomi : Sa maison, Sa vie au quotidien à SHIGATSE, village situé au Tibet dans les Himalayas.

Charles Webster LEADBEATER (1854-1934), membre de la Société Théosophique, il a vécu aux Indes, dans les Himalayas, auprès des Maîtres de Sagesse, durant de nombreuses années. Dans le chapitre 2 de son Livre intitulé Les Maitres et Le Sentier, paru en 1925, Il révèle quelques détails de la vie quotidienne de son Maître, Le Maître Koot-Hoomi Lal Singh, résidant à SHIGATSE, un village situé au Tibet dans les Himalayas.

LE MAîTRE KOOT HOUMI LAL SINGH
Peinture de Hermann Schmiechen (1855–1925)

LE MAîTRE KOOT HOUMI LAL SINGH est originaire du Cachemire, il a étudié à OXFORD en 1850. Il fut Pythagore dans une de ses incarnations précédentes et réside à Shigatsé.

LE MAîTRE KOOT HOUMI LAL SINGH
Esquisse de David Anrias dans le Livre Par le Regard Des Maîtres

LA MAISON DU MAITRE KOOT-HOOMI

La maison du Maitre Koot-Hoomi

La maison du Maitre Kuthumi est divisée en deux parties par un couloir et un vestibule qui la traverse d’un bout à l’autre. En pénétrant dans ce vestibule, la première porte à main droite s’ouvre sur la pièce principale de la maison, celle dans laquelle notre Maitre se tient habituellement. Cette pièce est très grande (environ 15 mètres sur 9) et très haute, et sous plus d’un rapport c’est plutôt une salle qu’une pièce. Elle occupe toute la façade de ce côté du vestibule. Attenantes à cette grande pièce deux autres plus petites et presque carrées servent de bibliothèque et de chambre à coucher du Maitre. Ces trois pièces tiennent toute la partie droite de la maison, apparemment réservée à l’usage personnel du Maitre et entourée d’une large véranda. La partie de la maison située à gauche du couloir-vestibule parait divisée en pièces plus petites ou bureaux que je n’ai pas eu l’occasion d’examiner de près.

La grande pièce est éclairée par de nombreuses fenêtres en façade et sur l’un des côtés, si bien qu’en y pénétrant le point de vue donne l’impression d’être ininterrompu ; sous les fenêtres court d’un bout à l’autre un long siège. On remarque – détail plutôt rare dans cette contrée – un grand âtre placé au milieu du mur opposé à la façade et disposé de manière à chauffer les trois pièces à la fois ; cet âtre possède, outre d’un manteau de cheminée, un rideau de fer d’un modèle unique, dit-on dans tous le Tibet. Près de là est le fauteuil du Maitre, en très vieux bois sculpté, et creusé de manière à épouser les formes de celui qui s’assied, ce qui dispense de l’usage des coussins. Répartis dans la pièce, se trouvent des tables, ainsi que des canapés et des sofas, la plupart sans dossier et, dans un angle, l’orgue du Maitre finement sculptée.

Le plafond, qui est à quelque six ou sept mètres de hauteur, est très beau avec ses poutres finement sculptées, finissant avec des pointes ornementales et divisant le plafond en section oblongues. Une ouverture arquée avec un pilier au centre, un peu dans le style gothique, mais sans vitraux, donne jour sur le cabinet de travail ; un autre arceau semblable donne sur la chambre à coucher. Cette dernière est très simplement meublée, principalement d’un lit ordinaire, tendu à la façon d’un hamac entre deux supports de bois sculptés fixés dans le mur ; l’un de ces supports est terminé par une tête de lion, l’autre par une tête d’éléphant ; le lit, lorsqu’on ne s’en sert pas, se replie contre le mur.

La bibliothèque – cabinet de travail – est une belle pièce contenant des milliers de volumes ; adossés à l’un des murs se trouvent de nombreux et hauts rayons, remplis de livres en toutes sortes de langues, parmi lesquels figurent nombre d’ouvrages européens modernes ; sur les rayons ouverts du haut, sont rangés des manuscrits. Le Maitre est un linguiste distingué : fin lettré anglais, il possède également à fond les langues française et allemande. Le cabinet de travail contient, entre autres choses une machine à écrire, présent d’un des élèves de son Maitre.

LA FAMILLE DU MAITRE

De la famille du Maitre, je ne connais pas grand-chose. Il y a une dame, évidemment une élève, qu’il appelle “sœur“. J’ignore si elle est ou non réellement sa sœur, peut-être est-ce une cousine ou une nièce. Elle parait beaucoup plus âgé que lui, mais ce détail ne suffirait pas à rendre improbable l’un ou l’autre de ces degrés de parenté, car voici déjà longtemps que le Maitre parait toujours avoir le même âge. Cette dame lui ressemble jusqu’à un certain point ; une ou deux fois, à l’occasion de réunions, je l’ai vu se joindre aux personnes présentes ; ses principales fonctions semblent être de s’occuper de tenir la maison et de diriger les serviteurs. Parmi ces derniers, il y a un vieillard et sa femme, qui sont depuis très longtemps au service du Maitre ; ils ne savent rien de la dignité réelle de leur patron, mais le tiennent pour un maitre aimable et très indulgent. Naturellement, ils bénéficient grandement d’être à son service.

LE JARDIN DU MAITRE

Le Maitre a un grand jardin à lui. Il possède aussi des terres et emploie des travailleurs pour les cultiver. Il y a, près de la maison, des arbustes fleuris et quantité de fleurs, poussant librement par masses, mêlées de fougères.

À travers le jardin coule un ruisselet, qui forme une petite cascade ; un pont minuscule sert à le franchir. C’est près de là que le Maitre s’assied souvent, pour envoyer des courants de pensée et sa bénédictions vers son peuple ; en ces occasions, sans doute, apparaitrait-il au spectateur superficiel comme paresseusement assis, observant la nature et écoutant distraitement le chant des oiseaux et le murmure du ruisseau. Parfois, il s’assied dans son grand fauteuil, et quand ses gens le voient ainsi, ils savent qu’il ne faut pas le déranger ; ils ne savent pas exactement ce qu’il fait dans ces moments-là, mais supposent qu’il est en << samâdhi >>. Le fait qu’en Orient le peuple comprend ce genre de méditation et le respecte est peut-être une des raisons pour lesquelles les Adeptes préfèrent vivre là plutôt qu’en Occident.

LE MAITRE, LE CHEVAL ET LES MONASTères

Ce que nous venons de dire donne l’impression que le Maitre s’assied pour méditer dans le calme, pendant une grande partie de la journée, dirions-nous, mais il ne manque pas d’occupations en dehors de cela. Il a, notamment, composé quelque musique et écrit des notes et des mémoires répondant à des buts divers. Il s’intéresse aussi beaucoup au développement des sciences physiques, quoique ceci dépende spécialement d’un autre grand Maitre de la Sagesse.

De temps à autres, le Maitre Kuthumi monte un grand cheval bai ; parfois, quand ils ont travaillé ensemble, il est accompagné par le Maitre Morya, qui monte toujours un magnifique cheval blanc. Notre Maitre visite régulièrement certains monastères et se rend quelquefois, en franchissant un grand col, à un monastère perdu dans les montagnes. Monter à cheval dans l’accomplissement de ses devoirs parait être son principal exercice ; mais il va parfois à pied avec le Maitre Djwal Kul, qui vit tous près de la grande roche d’où l’on peut voir le lac.

LE MAITRE ET LA MUSIQUE

Quelquefois, notre Maitre joue de l’orgue ; cet instrument, construit au Tibet sous sa direction, est une combinaison du piano et de l’orgue, avec un clavier semblable à ceux que nous avons en Europe et sur lequel il peut jouer toute notre musique occidentale. Cet orgue ne ressemble à aucun des instruments que je connaisse, car il a, pour ainsi dire, deux faces, permettant d’en jouer soit du salon, soit du cabinet de travail ; le clavier principal, composé de trois jeux, est dans le salon, tandis que le clavier du piano est dans le cabinet de travail. On peut se servir soit du clavier seul, soit des deux ensembles. Tout le clavier de l’orgue, avec ses pédales, peut-être actionné de la manière usuelle ; mais, en manoeuvrant une poignée, on peut lier le clavier du piano avec celui de l’orgue, de manière que les deux soient actionnés simultanément par une seule personne ; dans ce cas, le piano sert de jeu d’orgue complémentaire. Le mécanisme et les tuyaux à vent de cet étrange instrument occupent la presque totalité de ce qu’on pourrait appeler l’étage supérieur de cette partie de la maison du Maitre. Magnétiquement, le Maitre a mis l’instrument en communication avec les Gandharvas, ou Dévas de la musique ; de sorte que les Dévas coopèrent ; des combinaisons de sons inconnues sur le plan physique sont ainsi obtenues ; il s’y ajoute, d’autre part, produit par l’instrument lui-même, un effet d’accomplissement d’instruments à vents et à cordes.

Le chant des Dévas résonne constamment dans l’univers ; il vibre dans l’oreille des hommes, qui ne veulent pas en entendre la beauté. Il comprend le grave bourdon de la mer, les soupirs du vent dans les arbres, le rugissement du torrent qui dévale de la montagne, le murmure du ruisseau, de la rivière, de la cascade, qui tous, avec maints autres sons, composent, au cours de son existence, le chant puissant de la Nature. Ce chant n’est que l’écho, dans le monde physique, d’une harmonie infiniment plus grande ; celle de la vie des Dévas…

LE MAITRE, L’ENSEIGNEMENT, LA NUTRITION

Chaque matin, un certain nombre de personnes – non pas précisément des élèves, mais des fidèles – viennent à la maison du Maitre et s’assoient sur la véranda et en dehors. Le Maitre leur fait parfois une courte causerie, en manière de petite conférence, mais, le plus souvent, il poursuit son travail sans autrement s’occuper d’eux que pour leur adresser de temps à autre un sourire amical, dont tous les assistants paraissent également satisfaits, car ils viennent pour vénérer le Maitre et se tenir dans son aura. Il prend parfois sa nourriture en leur présence ; assis sous la véranda, ayant autour de lui la foule des Tibétains, les jambes croisés sur le sol, mais, en général, il prend ses repas seul dans son appartement. Peut-être suit-il la règle des moines bouddhistes et ne prend-il aucune nourriture après-midi, car je ne me souviens pas l’avoir jamais vu manger dans la soirée ; peut-être même n’a-t-il pas besoin de se nourrir tous les jours. Il est fort probable que lorsqu’il le juge à propos, il commande la nourriture qu’il désire et ne prend pas ses repas à heure fixe. Je l’ai vu manger de petits gâteaux ronds, d’un roux doré, très semblables à ceux que font les ménagères d’Europe ; ils sont faits de froment, de beurre et de sucre et cuits au four par sa sœur. Il mange aussi du “curry” et du riz, le curry étant préparé presque en soupe. Il se sert d’une curieuse et très belle cuillère d’or dont l’extrémité est ornée d’un éléphant et dont la partie creuse forme avec le manche un angle inaccoutumé : c’est une relique de famille, très ancienne et probablement de grande valeur.

Le Maitre Kuthumi est généralement vêtu de blanc ; mais je ne me souviens pas de l’avoir jamais vu porter un couvre-chef, sauf dans les rares occasions où il endosse le costume jaune de la secte Gelugpa(**), lequel comporte une sorte de capuchon en forme de casque romain.


Moines Bouddhistes Gelugpa

**L’école gelug, guéloug, geluk, guéloukpa, gelugpa ou guélougpa surnommée secte ou école des bonnets jaunes, est la plus récente des quatre lignées du bouddhisme tibétain. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gelugpa)


Références :

Les Maîtres et le Sentier, Charles Webster Leadbeater, Éditions Adyar, Paris.


Raphaël, avec le Cœur. Le Samedi 15 Août 2020. Bonne fête de l’Assomption !!

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