
Avant de prendre une personne comme disciple, un Maître spirituel le place d’abord en une sorte de stage d’observation, on parle de période probatoire et la personne est qualifiée de disciple en probation. Lorsque cette phase est concluante, le Maitre accepte alors la personne qui devient réellement son disciple, on parle de disciple accepté. Dans cet extrait du quatrième chapitre de son livre intitulé Les Maîtres et Le Sentier, Charles Webster Leadbeater (1854-1934), membre de la Société Théosophique, nous fait un compte rendu d’une mise en probation de trois jeunes élèves par le Maître Kouthoumi Lal Singh.
ENTRÉE EN PROBATION
Nous trouvâmes le Maitre Kouthoumi assis sous la véranda de sa maison, et lorsque je lui présentai mes jeunes compagnons, il leur tendit la main. Le premier du groupe mit gracieusement un genou en terre, baisa la main du Maitre et à partir de ce moment resta agenouillé, pressé contre le genou du Maitre. Les autres tenaient les yeux fixés sur les siens, et leur âme toute entière brillait dans leurs regards.
Le Maitre sourit divinement et leur dit :
« Je vous accueille avec un plaisir tout particulier ; tous, vous avez collaboré avec moi dans le passé et j’espère que vous le ferez maintenant. J’ai besoin que vous soyez des nôtres avant que le Seigneur paraisse, aussi je m’occupe de vous de très bonne heure. Rappelez-vous que ce que vous désirez entreprendre est la plus glorieuse de toutes les tâches ; mais elle n’est pas facile, parce qu’il vous faut acquérir un contrôle parfait sur ces petits corps ; vous devez vous oublier vous-mêmes complètement et vivre uniquement pour le bonheur des autres et pour l’œuvre qu’il nous est demandé de faire. »
Mettant sa main sous le menton de l’enfant qui était agenouillé, il dit avec un beau sourire :
« Pouvez-vous faire cela ? »
Et tous répondirent qu’ils essaieraient. Alors le Maitre donna successivement à chacun d’eux quelques précieux conseils personnels et leur demanda séparément à chacun :
« Veux-tu essayer de travailler dans le monde sous ma direction ? »
À quoi chacun répondit : « Je le veux ».
Puis, il attira en face de lui le premier enfant, lequel s’agenouilla de nouveau, et posant ses deux mains sur sa tête, il lui dit :
« Dès ce moment, je te prends comme mon élève en probation, et j’espère que bientôt tu entreras en alliance plus étroite avec moi, aussi je te donne ma bénédiction, afin que tu puisses la passer aux autres. »
Tandis qu’il parlait, l’aura du jeune garçon s’agrandissait prodigieusement, et les couleurs de l’amour et de la dévotion brillaient d’un feu de vie ; l’enfant dit alors : « O Maitre, rendez-moi réellement bon ; rendez-moi digne de vous servir. »
Mais le Maitre reprit en souriant : « Toi seul peux faire cela, mon cher enfant ; mais mon aide et ma bénédiction seront toujours avec toi. »
Puis il attira les deux autres jeunes garçons et procéda pour chacun d’eux à la même cérémonie très simple ; les deux auras s’agrandirent et devinrent plus fermes et plus régulières au fur et à mesure qu’en réponse au Maitre les deux enfants s’exaltaient d’une manière vraiment merveilleuse. Ensuite le Maitre se leva et entraina les jeunes gens.
« Maintenant, venez avec moi et voyez ce que je vais faire. »
Groupé, nous descendîmes tous ensemble le sentier descendant jusqu’au pont jeté sur la rivière. Le Maitre nous emmena dans le souterrain et montra aux jeunes garçons les images vivantes de tous les élèves probationnaires, puis il dit :
« Maintenant, je vais former vos images. »
Et, devant leurs yeux, il les matérialisa, ce à quoi ils prirent le plus vif intérêt…
Le Maitre indiqua à ses trois nouveaux élèves les coloris et les dispositions changeants dans les auras, leur en apprit la signification et leur dit que lui, le Maitre, désirait les voir changer. Il les assura qu’il regarderait ces images chaque jour pour voir comment elles évolueraient et qu’il espérait les voir se modifier de telle manière qu’elles puissent devenir agréables à regarder. Puis, il donna sa bénédiction finale.
Dans le cas de personnes plus âgés mises en probation, elles doivent pour la plupart trouver elles-mêmes le travail qui leur convient le mieux ; mais, en ce qui concerne les plus jeunes, le Maitre place parfois sur leur chemin une mission déterminée et observe comment elle est réalisée. Il condescend quelquefois à envoyer des messages spéciaux d’encouragement et d’enseignement, et même à donner des conseils particuliers pour leur éducation.
Références
Les Maîtres et le Sentier, Charles Webster Leadbeater, Éditions Adyar, Paris.
Raphaël – L’Univers SoleilVerseautique
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