

L’endroit choisi pour la cérémonie du Wésak est un petit plateau entouré de montagnes peu élevées, sur la pente nord de l’Himalaya, non loin de la frontière du Népal, à 400 milles environ de Lhassa. Cette petite plaine est de forme oblongue, ayant peut-être un mille et demi en longueur et un peu moins en largeur. Le sol s’incline légèrement du sud au nord, il est généralement stérile et pierreux. Par endroit, il est cependant recouvert d’un gazon rude et d’une végétation rabougrie ; un ruisseau descend du côté ouest du plateau, traverse le coin nord-ouest et s’échappe au milieu du côté nord, par un ravin couvert de pins, et finalement se jette dans un lac que l’on aperçoit à quelques milles de là. La contrée environnante parait sauvage et inhabitée ; aucune habitation n’est visible, sauf sur le penchant de l’une des collines, à l’est de la plaine, seule s’élève une stupa en ruine entourée de quelques huttes. Au centre de la partie sud se trouve un énorme bloc de pierre gris blanchâtre veinée d’une substance brillante, bloc formant comme un autel d’environ 3,60 m de long, 1,80 m de large et 0,90 m de hauteur.

Quelques heures avant la pleine Lune, tous se réunissent dans la partie nord, la plus basse de la plaine, et s’asseyent par terre tranquillement et avec ordre, ayant toujours soin de laisser un espace considérable devant le grand autel de pierre. Généralement quelques Lamas sont présents et profitent, à l’ordinaire, de cette occasion pour s’adresser au peuple. Environ une heure avant le moment où la lune sera pleine, les visiteurs astrals commencent à arriver, et, parmi eux, les membres de la Fraternité.


Quelques-uns de ceux-ci se matérialisent de manière à être vus par les pèlerins, et sont reçus avec des génuflexions. Souvent nos Maitres et même de plus grands Êtres, condescendent, en cette occasion, à converser d’une manière amicale avec leurs disciples et ceux qui sont désignés pour le faire, préparent le grand autel de pierre pour la cérémonie en le couvrant des plus admirables fleurs et en plaçant à chaque angle de grandes guirlandes du Lotus sacré. Au centre est placée une magnifique coupe d’or ciselé pleine d’eau, et devant elle un espace est laissé libre parmi les fleurs.

Environ une demi-heure avant la pleine lune, à un signal donné par le Mahâchohan, les membres de la Fraternité s’avancent simultanément dans l’espace ménagé au centre de la plaine, au nord du grand autel de pierre et tous tournés vers l’intérieur, forment un large cercle formé de trois cercles concentriques, l’anneau extérieur étant composé des plus jeunes membres la Fraternité et les plus grands Dignitaires occupant certains points du cercle intérieur.


Quelques versets des Écritures Bouddhistes sont alors chantés en pali (*ancienne langue religieuse de l’Inde méridionale et du Sri Lanka), et lorsque les voix meurent dans le silence, le Seigneur Maitreya (*Le Christ) se matérialise au centre du cercle, tenant en ses mains le Sceptre du Pouvoir…

LE SCEPTRE DU POUVOIR
Aussitôt que celui-ci se matérialise au centre du cercle, Adeptes et Initiés s’inclinent gravement devant lui, et un autre verset est chanté. Après cela, d’autres versets étant entonnés, les anneaux intérieurs se divisent en huit parties, de façon à former une croix dans le cercle intérieur, le Seigneur Maitreya s’avançant de façon à se placer au sommet qui se trouve proche de l’autel. Sur cet autel, dans l’espace laissé libre par la Coupe d’or, le Seigneur Maitreya dépose avec révérence le Sceptre du Pouvoir, tandis que derrière lui, le cercle se modifie et devient une figure courbe, tous faisant face à l’autel. Ensuite, la figure courbe devient un triangle renversé… Cette figure, à son tour, se transforme en l’étoile à cinq branches, le Seigneur Maitreya occupant la pointe sud la plus proche de l’autel de pierre, et les autres grands Dignitaires ou Chohans, les cinq pointes où les lignes s’interceptent.

Une représentation des figures symboliques est tracée ci-dessus, plusieurs d’entre elles n’étant pas commodes à décrire. Quand ce septième et dernier stade est atteint (*figure du pentagramme à 5 branches), les chants cessent et, après quelques instants de silence solennel, le Seigneur Maitreya prenant de nouveau en ses mains le Sceptre du Pouvoir et l’élevant au-dessus de sa tête, prononce, par quelques mots sonores en pâli : « Tout est prêt, Maitre, viens !«

Pendant qu’il abaisse le Sceptre de feu à l’heure exacte de la pleine lune, le Seigneur Bouddha apparait comme une figure gigantesque, flottant dans l’espace, au-dessus des collines du sud. Les membres de la Fraternité s’inclinent en joignant les mains, et la multitude derrière eux se prosterne la face contre terre, tandis que les autres chantent les trois versets enseignés par le Seigneur (*Bouddha) lui-même, pendant sa vie terrestre au petit écolier Chatta :
Le Seigneur Bouddha, le Sage des Sakyas, est parmi l’humanité le meilleur des Instructeurs. Il a fait ce qui devait être fait, et abordé sur l’autre rive (Nivârna). Il est plein de force et d’énergie.
En lui, le Béni, je prends refuge.
La Vérité est immatérielle, elle apporte la libération de la passion, du désir et la peine ; elle est libre de toute souillure, elle est douce, claire et logique.
En cette Fraternité des nobles Êtres, je prends refuge.

Alors les assistants se lèvent et fixent leurs regards vers le Seigneur (*Bouddha), tandis que la Fraternité chante pour le bénéfice du peuple les nobles paroles de la Mahâmangal Sutta, que le professeur Rhys Davids a ainsi traduites :
Dans leur aspiration vers le bien, dévas et hommes en nombre ont regardé comme des bienfaits diverses choses ; Mais toi, ô Maitre, dis-nous, quel est donc le plus grand bienfait ?
Ne pas servir l’insensé mais servir le sage ; Honorer ceux qui, de l’honneur, sont dignes ; Voilà le plus grands des bienfaits.
Une grande connaissance et une grande éducation, La maitrise de soi et un esprit instruit, Des paroles aimables bien dites, Voilà le plus grand des bienfaits.
Faire vivre père et mère, Chérir femme et enfant, Avoir un métier pratique, Voilà le plus grands des bienfaits.
Faire l’aumône et vivre avec droiture, Aider ses proches, Ne point commettre d’actions blâmables, Voilà le plus grands des bienfaits.
Abhorrer le péché et cesser de le commettre, S’abstenir de boissons capiteuses, Ne se point lasser de bien faire ; Voilà le plus grand des bienfaits.
Être tolérant et doux, S’associer avec des paisibles, En temps opportun parler religion ; Voilà le plus grand des bienfaits.
Se contraindre et rester pur, Connaitre les quatre grandes Vérités, Bien comprendre Nirvâna ; Voilà le plus grand des bienfaits.
Dans les vicissitudes de l’existence, L’âme qui reste ferme, Sans passion, sans chagrin, sure ; Voilà le plus grand des bienfaits.
Invincible de toutes parts, Est celui qui agit ainsi ; Partant, il marche en sureté. Et le plus grand des bienfaits est sien.

La forme qui flotte au-dessus des collines est d’énorme taille, mais reproduit exactement les traits et la forme du corps dans lequel le Seigneur passa sa dernière vie terrestre. Il apparait assis, les jambes croisées et les mains jointes, vêtu de la robe jaune des moines Bouddhiste, drapée de façon à laisser le bras droit découvert. Aucune description ne peut donner une idée de la face – face semblable à celle d’un dieu – car elle réunit le calme et la puissance, la sagesse et l’amour, en une expression contenant tout ce que notre pensée peut imaginer de divin. Nous pouvons dire que le teint est d’un blanc jaune clair, les traits bien dessinés ; que le front est large et noble, les yeux grands lumineux, d’un bleu sombre ; le nez légèrement aquilin, les lèvres rouges, d’un tracé ferme ; mais tout ceci ne nous montre que le masque extérieur et ne donne qu’une faible idée de l’ensemble vivant. Les cheveux noirs – presque bleu-noirs – et curieusement ondulés ne sont pas portés longs suivant la coutume indoue, ni rasé à la manière des moines orientaux, mais coupés avant d’atteindre les épaules, partagés au centre et rejetés en arrière du front.

Quand la « Mahâmangala Sutta » est terminée, le Seigneur Maitreya saisit sur l’autel la coupe pleine d’eau et l’élève, la multitude qui s’était munie de vases remplis d’eau, suit son exemple… Lorsqu’il la replace sur l’autel de pierre, le verset suivant est chanté :
Il est le Seigneur, le Saint qui est parfait en savoir, qui possède la connaissance octuple, et qui a accompli les quinze pratiques saintes, qui a terminé le voyage conduisant à l’état de Bouddha ; le Sans-rival, l’Instructeur des hommes qui doivent être soumis (par la doctrine) ; l’Instructeur des dieux et des hommes : Il est le Béni, le Seigneur Bouddha.

À ces deniers mots, un sourire d’ineffable amour rayonne de la face du Seigneur, en même temps qu’Il élève la main droite en l’attitude de bénédiction, tandis qu’une grande pluie de fleurs tombe sur le peuple. De nouveau, les membres de la Fraternité s’inclinent ; de nouveau la foule se prosterne et la Figure s’évanouit lentement dans le ciel, tandis que la foule donne libre cours à son émotion en poussant des cris de joie et de louange.

Les membres de la Fraternité s’avancent vers le Seigneur Maitreya dans l’ordre de leur admission ; chacun prend une gorgée de l’eau contenue dans la coupe d’or ; les pèlerins les imitent avec leurs récipients, emportant le reste chez eux dans leurs bizarres bouteilles de cuir pour éloigner de leurs maisons toutes influences mauvaises et guérir peut-être leurs malades. La multitude alors se sépare avec de mutuelles salutations et le peuple emporte dans ses demeures lointaines un souvenir ineffaçable de la cérémonie merveilleuse à laquelle il prit part.

Référence
Les Maîtres et le Sentier, Chapitre 14, Charles Webster Leadbeater, Éditions Adyar, Paris.

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