LE NOUVEAU CIEL ET LA NOUVELLE TERRE : LA PARTICIPATION DU DISCIPLE AU TRAVAIL DE SON MAÎTRE – LE TRAVAIL POUR LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

«Pendant les silences, le disciple doit participer au travail de son Maître… Tout ce qu’il fait doit contribuer au bien de l’humanité entière, afin que la Fraternité Blanche Universelle, qui a son existence en haut, soit réalisée ici, sur la terre. La Fraternité allège la tâche de l’homme, elle éclaire son chemin et lui donne un élan irrésistible vers les hauteurs sublimes


Il y a beaucoup à dire sur cette pensée, mes chers frères et sœurs. Que signifie la phrase : «Pendant les silences, le disciple doit participer au travail de son Maître» ?… Et celle-ci : «Tout ce qu’il fait doit contribuer au bien de l’humanité entière» ?

Jetons un regard sur le monde, sur la société, les familles… Tout y est organisé pour satisfaire la nature humaine, ce qui signifie en réalité la nature animale, avec ses désirs et ses instincts encore préhistoriques, primitifs, sauvages. Toutes les règles, les mesures, les normes, tous les critères de la société, toute l’éducation elle-même, sont conçus en fonction de cette mentalité de plus en plus répandue : tirer la couverture à soi, accaparer, gagner, profiter. C’est pourquoi on voit tant de disputes, de rivalités et de conflits, c’est à cause de cette tendance à penser : «Tout pour moi, rien pour les autres.» Comment voulez-vous que les choses aillent bien dans ces conditions ? C’est impossible, il se produit forcément des heurts.

Et pourtant, lorsque l’être humain a été créé dans les ateliers du Seigneur, l’Intelligence Cosmique a semé en lui des graines destinées un jour à pousser et à se développer sous forme de qualités, de vertus, de gestes sublimes d’abnégation et de renoncement. On les voit de temps en temps se manifester chez certains êtres, comme c’est arrivé dans le passé pour les prophètes, les saints, les martyrs… Il n’y a pas de doute, leur histoire nous prouve qu’une nature divine se manifestait chez ces êtres là, qu’ils essayaient de sortir de la nature inférieure dans laquelle le monde entier est plongé. Oui, mais ils étaient si peu nombreux qu’ils ne pouvaient influencer la foule gigantesque des autres ; et même parfois, ils devenaient des victimes, parce que la foule, qui ne les appréciait pas, se jetait sur eux, les emprisonnait ou les crucifiait. Alors, de plus en plus, la peur, la crainte s’est installée chez beaucoup d’autres qui, pour échapper au même sort, non seulement n’ont pas cherché à suivre leur exemple mais ont commis des malhonnêtetés. Eh oui, ils croyaient s’en tirer, mais ils auraient dû savoir qu’on n’échappe pas à la loi des causes et des conséquences qui régit tous nos actes. Ceux qui n’agissent pas selon la justice et l’honnêteté, cette loi les retrouvera tôt ou tard, et même s’ils ne sont pas massacrés comme le furent les martyrs, ils seront tout de même ravagés par d’autres bestioles. Car il existe de nombreux moyens d’amener les humains au cimetière ! Donc, la peur ne leur a pas inspiré un raisonnement très profond ni très lucide.

Maintenant, si vous m’écoutez, je vous donnerai une vision si claire de la situation que vous ne pourrez plus raisonner ni vous conduire comme avant…parce que, pour le moment, excusez-moi, vous êtes tellement influencés par l’ordre actuel des choses, que si vous tombez dans le Royaume de Dieu, vous allez vous mettre à le critiquer : « Oh, ce n’est pas du tout comme chez nous… Ceci n’est pas juste… Cela n’est pas normal !… » Comme cet homme qui faisait partie d’une tribu où tous n’avaient qu’un œil, vous savez, comme chez les Cyclopes ; il partit en voyage et tomba chez une peuplade où tous avaient deux yeux. De retour chez lui, il dit à ses compatriotes : « J’ai vu des monstres, mais alors, des êtres épouvantables qui avaient deux yeux au lieu d’un. Nous devons aller les attaquer pour leur arracher leur second œil ! » C’est à peu près ainsi que les choses se passent dans le monde ; dès que vous avez une faculté de plus que la foule, le troisième œil par exemple, et que les gens s’en aperçoivent, ils veulent vous l’enlever, ils disent : « Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel.» Parce que la norme, c’est la majorité !… Alors si la majorité est animale, il faut se conformer et rester animal. Qu’il y ait ici ou là des anges ou des divinités… ah non, ce n’est pas normal, ça ne doit pas exister ! Vous voyez cette mentalité ? Eh bien, c’est parfois la vôtre. Mais si j’arrive à vous faire changer de point de vue, de façon de raisonner, vous verrez les résultats fantastiques qui s’ensuivront. Seulement, est-ce que vous me comprendrez ? Voilà la question.

LES DEUX NATURES DE L’ÊTRE HUMAIN

Depuis des années dans mes conférences, je me suis surtout arrêté sur cette question de deux natures que nous possédons tous, la nature inférieure, animale, que j’ai appelée la personnalité, et la nature supérieure, la nature divine, qui dort encore en chacun de nous, parce que n’avons jamais pris la peine de la développer, et que j’ai appelée l’individualité. J’ai lu beaucoup de livres, j’ai visité de nombreux pays, rencontré beaucoup de personnes et, malheureusement, j’ai constaté que les gens les plus haut placés, les intelligences les plus élevées, les plus grands penseurs ne savent pas quand ils agissent d’après la personnalité et quand ils agissent d’après l’individualité. Ils n’ont pas de notions claires, pas de critères, pas de mesures ; ils pensent que tout ce qui sort d’eux est juste et magnifique du moment que ce sont eux qui le disent, eux qui le pensent, eux qui le souhaitent. Mais ils ne savent pas s’observer, ils n’analysent pas du tout ce qui se glisse en eux d’hétéroclite, de bizarre, de diabolique.

Quand on commence à s’étudier, à s’observer, qu’est-ce qu’on trouve ? On s’aperçoit que les deux natures sont mélangées, enchevêtrées, et que l’homme n’est pas toujours assez éclairé pour discerner celle qui le pousse et ne pas se laisser embarquer de temps en temps dans la voiture de la personnalité. Or, la personnalité est une très mauvaise maîtresse, mais une excellente servante : il faut l’utiliser, la mettre au travail et en tirer profit, car elle est très active, énergétique, infatigable et formidablement riche. Si, à force de s’analyser, l’homme arrive à donner une liberté de plus en plus grande à la nature divine, pour que ce soit elle qui sans cesse se manifeste, laisse des traces et des empreintes partout, alors il devient une divinité : c’est lui qui se libère, qui gouverne, qui dicte la situation, et la personnalité obéit. Tandis que, maintenant, quand je regarde les humains, je vois qu’il ont des facultés formidables, mais qu’il les ont mises au service de la personnalité. Tout ce qu’ils font, ils le font pour satisfaire leurs besoins inférieurs. Montrez-moi quelqu’un qui fasse exception. Il y en a très peu. Pour avoir l’argent, le pouvoir ou les plaisirs, les humains attèlent au travail toutes les qualités magnifiques que Dieu leur a données.

Il existe des gens remarquablement intelligents, mais quelle activité ont-ils choisie ? Faire de l’espionnage, fabriquer des armes, mettre au point dans les laboratoires des produits de plus en plus toxiques. Ils ont mis leur intelligence au service de la haine, de la dislocation, de la destruction : voilà à quoi ils consacrent leur temps, leurs forces et leurs capacités, alors qu’ils auraient dû les consacrer à faire de la terre un Paradis, à réaliser le Royaume de Dieu parmi les humains ! Combien orientent leurs forces et leur intelligence dans cette direction-là ? Vous pouvez les compter sur les doigts !

La conscience des humains n’est pas encore assez développée pour qu’ils comprennent que tout ce qui se produit d’abominable sur la terre a pour cause l’égocentrisme de la personnalité. Ou plutôt, tout le monde s’en rend compte, mais personne ne fait rien. Je ne suis pas le premier à le dire, mais en revanche très peu ont su y remédier en donnant des critères infaillibles pour savoir si ce qu’on éprouve à tel moment précis est bon ou mauvais, si cela a pour but le Royaume de Dieu ou l’Enfer, la construction ou la destruction, l’ennoblissement ou l’avilissement. Un disciple doit savoir à n’importe quel moment du jour ou de la nuit ce qui se passe en lui, dans quelle direction s’en vont ses énergies, dans quel but, pour quelle raison. Et si un disciple doit le savoir, à plus forte raison un Maître puisqu’il possède des critères infaillibles et les meilleures méthodes.

La plupart des humains n’ont pas conscience de la coexistence en eux de ces deux natures. Prenez le cas d’une jeune fille gentille, pure, élevée dans une bonne famille ; elle est adorable, oui, mais si vous la mettez dans certaines conditions, vous verrez de quoi elle est capable ; c’est une furie, un démon. D’où lui vient cette nature ? Elle était là, elle sommeillait. Et inversement, on a vu des voyous, des criminels même, faire preuve de grandeur, de générosité, risquer leur vie pour sauver des gens. Où était donc cette nature ? Elle était chez eux cachée, endormie. Tout être humain possible ces deux natures, et d’après les conditions où il va se trouver il manifestera soit l’une, soit l’autre. Mettez les plus grands criminels dans des conditions favorables, vous verrez qu’ils sont capables de faire des choses étonnantes.

Mais poursuivons. Je vous disais que l’homme est éduqué dans le monde selon les critères et les traditions de la foule : en effet, chacun, dès sa naissance, fait ce que fait tout le monde, et ne conçoit pas d’autre idéal que d’imiter ses parents, ses proches, ses voisins, sans aller chercher plus loin. Tous suivent donc la nature inférieure qui est toujours désireuse de vivre sa vie, d’être indépendante, de n’en faire qu’à sa tête et de satisfaire tous ses caprices aux dépens des autres. Elle ne respecte aucune loi divine ou morale, et sous prétexte d’être libre, elle pousse l’homme à se couper de tout : il n’accepte aucune autorité, aucun ordre ; c’est l’anarchie qui est la loi, si bien que, lorsqu’il arrive ici dans la Fraternité, il apporte tout un tas de vielles notions vermoulues et inutiles dont il va devoir se débarrasser. Mais malheureusement, souvent, lorsqu’il voit régner ici la paix, l’amour, le désintéressement, l’esprit d’unité et le dévouement à la collectivité, il se sent mal à l’aise qu’il ne pense qu’à tout bouleverser ou à partir.

Supposons maintenant que de vrais Maîtres, de vrais Initiés, désirent faire sortir les humains de tous ces désordres, de cette désobéissance aux lois de l’harmonie, qu’ils souhaitent les amener à vivre dans une atmosphère de paix, où personne n’est asservi, personne n’est enchaîné, au contraire, où chacun voit clair, se sent libre et indépendant dans un climat d’harmonie collective… oui, supposez qu’un Initié ait déjà pratiquement réalisé cela, et que tous les disciples participent maintenant à son travail par leurs pensées, leurs sentiments, leurs désirs, pour former, renforcer et diffuser dans le monde des ondes formidables d’amour afin d’éveiller des consciences et d’encourager tous les humains à former une famille universelle, au lieu de continuer à se battre…

Quand celui qui a été éduqué dans de vielles conceptions arrive à la Fraternité et voit cela, il trouve que c’est anormal, il se révolte et ne fait rien d’autre que critiquer : pourquoi tout le monde ici est respectueux ? Pourquoi garde-t-on ce silence, cette harmonie ? Pourquoi faut-il faire des efforts ? Ah non, c’est de l’asservissement, de l’hypnotisme, de l’envoûtement. Il faut changer cela, c’est-à-dire, en réalité, retourner au chaos. À ce moment-là, les bagarres, les guerres, les dévastations continueront de plus belle, et le malheur des humains ne prendra jamais fin. Les Initiés veulent justement faire cesser toutes ces tribulations et amener les humains à créer une autre ambiance, où tous sont un, tous sont liés : chacun garde sa liberté, personne ne la perd, au contraire.

Et voilà que certains qui viennent ici pour la première fois, se révoltent, nous critiquent : ils trouvent que nous envoûtons les gens, que nous les hypnotisons. Bon, bon, alors que devons-nous faire ? Préconiser la révolte, la contestation, les désordres, et à ce moment-là nous serons sur le bon chemin ? Mais c’est alors que tout sera disloqué et que jamais les humains ne vivront ensemble en harmonie, fraternellement : tous seront là, tout seuls, dans leur coin, et dressés les uns contre les autres.

Je veux expliquer ceci aux jeunes : « Supposons que vous réussissiez à tout détruire, à n’obéir à personne, ni aux lois, ni aux dirigeants, ni aux autorités morales ( car il existe sur la terre des êtres qui, par leur savoir, par leur vie, sont vraiment des autorités), bon, vous ne voulez pas leur obéir, vous préconisez l’anarchie. C’est entendu, détruisons tout ça, mais comment allez-vous vivre après ?… Eh bien, vous vivrez chacun isolément et vous vous assassinerez mutuellement, ou bien alors, pour vivre ensemble, vous serez obligés de rétablir de nouveau les mêmes lois sociales, les mêmes usages, et même de respecter un chef, et ce chef sera une crapule, la pire de toutes, et vous serez obligés de lui obéir.

« Eh oui, vous serez obligés de recréer les mêmes institutions qui existaient déjà, de réinventer une organisation sociale, une façon de se débrouiller ensemble et de se répartir les tâches pour faciliter l’existence. Actuellement, le boulanger et le cordonnier travaillent pour tous et non pour eux seuls, les médecins soignent tous les autres quand ils tombent malades, les conducteurs de trains circulent pour tous ceux qui doivent voyager, etc. Au lieu de coudre vos vêtements et de fabriquer vos chaussures, vous les trouvez tout prêts, et vous, de votre côté, vous faites un métier qui profite aux autres. L’activité de chacun facilite l’existence de tous. Démolissez cet ordre de choses, vous devez recommencer à vous débrouiller et vous passerez vos jours à chercher votre nourriture, rien de plus, comme les animaux. C’en sera fini de la culture, de la civilisation et des arts, vous devez passer toute votre vie à pêcher, chasser, etc. Tandis qu’actuellement, vous avez une activité, et des millions de gens en ont une autre, ils travaillent pour vous et vous pour eux. L’humanité a toujours trouvé préférable de vivre en société.»

Mais mon analyse ne s’arrête pas là. Je trouve que c’est seulement en apparence que les humains ont résolu le problème de la collectivité : si, extérieurement, ils ont formé une société, au-dedans d’eux-mêmes ils sont restés isolés, séparés, agressifs, hostiles les uns envers les autres. Ce sont encore des troglodytes ; intérieurement, ils vivent chacun dans leur petit trou. C’est pourquoi je leur conseille maintenant de rétablir dans leur for intérieur une autre association qui les conduira vers la fraternité universelle sur la terre. En apparence les hommes sont liés, mais intérieurement ils vivent leur vie comme des troglodytes. Analysez-vous et vous verrez si je n’ai pas raison.

Nous apportons maintenant un autre degré de compréhension afin d’amener les humains à réaliser cette société intérieurement, et nous en donnons ici un modèle déjà réalisé : tous libres, tous heureux. Qui est l’usurpateur ici ? Il n’y en a pas. Alors, ceux qui apportent en venant chez nous toutes leurs anciennes idées, sont ici absolument inutiles ; ils ne représentent rien de bon, Ils sont même nocifs. Il faut qu’ils s’en aillent autre part pour souffrir, voir ce que c’est de vivre seuls sans personne pour venir les aider, et ils s’assagiront. Car, pour le moment, ce n’est pas intelligent de raisonner comme ils le font.

On doit comprendre ce que nous faisons ici. Voilà :« Pendant les silences, le disciple doit participer au travail de son Maître.» Et quel est le travail d’un Maître ? Voler votre argent ? Vous séparer de votre famille ? Vous prendre votre maison, votre voiture, tout ce que vous avez ? Non, mes chers frères et sœurs, le travail d’un Maître… mais vous ne pouvez même pas en avoir une idée, vous êtes encore trop pris par les soucis de la vie quotidienne. Un Maître est libre de tout cela, il n’a plus ces soucis, il tient ses pensées fixées sur des sujets que vous ne pouvez imaginer, il fait un travail gigantesque pour le bien du monde entier, pas seulement pour vous ou pour lui. Vous êtes trop pris par vos tâches quotidiennes, par vos affaires ; un Maître est dégagé de tout cela, il a résolu tous ces problèmes, il n’a ni femme ni maîtresse ni enfants ni obligations ni empêchements, il n’a que des projets grandioses dans sa tête. Cela vaut donc la peine de lui apporter son aide et, même si on a été éduqué dans de vieilles conceptions, de lui donner sa pensée pour le soutenir, en se disant : « Le pauvre, regardez, il est tout seul pour accomplir ce travail gigantesque, il n’est ni récompensé, ni aidé, ni soutenu… je vais lui donner un coup de main.» Mais non, on le critique. Et savez-vous ce qu’est qu’une critique pour lui ? Eh bien, c’est comme si vous le piquiez, le coupiez ou le martyrisiez ; c’est cela une critique.

Vous ne savez pas ce qu’est la pensée. La pensée peut être pire qu’une guêpe, et la pensée peut être meilleure que les anges. Mais les gens envoient n’importe quelle pensée, ils critiquent quelqu’un qui est justement occupé à les aider, ils le déchirent sans même s’en douter, sans savoir que, s’ils continuent, cet être-là va se fermer, leur retirer son aide et qu’ils piétineront dans l’obscurité toute la vie.

Avec tous ceux qui viennent ici pour la première fois, je sais d’avance ce qui m’attend : des critiques, des doutes… Parce qu’ils arrivent sans être préparés à me comprendre. Mais je sais aussi qu’au bout d’un certain temps, ils changent, ils voient qu’ils se trompaient dans leur raisonnement, et ils essaient de s’acclimater, et alors, ils s’épanouissent, ils marchent, ils galopent. Mais cela ne se fait pas le premier jour, et en attendant, moi, je dois accepter et supporter toutes les pensées négatives qui me tombent dessus, toutes les tuiles qu’ils me jettent, et ne pas me plaindre. Et même je les regarde avec amour en sachant très bien toutes les pierres qu’ils m’envoient. Mais au bout de quelque temps, quand ils comprennent quel travail formidable je suis en train de faire, ils se décident à m’aider et ils dépassent tous les autres ! Prenez le cas de saint Paul : personne n’était plus acharné à massacrer les chrétiens, mais après avoir reçu cette leçon sur le chemin de Damas, c’est lui qui a propagé l’Enseignement du Christ avec plus d’ardeur que tous les autres. C’est pourquoi je patiente, j’attends… et un beau jour, c’est formidable, on peut compter sur ces créatures-là.

La Grande Fraternité Blanche Universelle qui a toujours existé et qui est formée de tous les saints, les prophètes, les Initiés, les grands Maîtres, les anges, les archanges, les divinités, décide périodiquement d’envoyer un sauveur sur la terre. C’est d’elle que sont venus Rama, Bouddha, Lao-Tsé, Fo-Hi, Pythagore, Hermès Trismégiste, Moïse, Jésus, Peter Deunov… Chacun est envoyé pour donner une nouvelle forme aux mêmes principes éternels. Il s’agit toujours et partout du même Enseignement, car la vérité ne change jamais. Mais parce que l’humanité évolue, les formes ne doivent jamais être les mêmes. Ainsi, regardez, quand l’enfant grandit, on ne peut plus lui laisser les mêmes petits vêtements qu’à l’âge de deux ou trois ans ; il faut lui en donner d’autres. Il en est de même pour la philosophie et la religion : chaque nouvelle époque a besoin de nouvelles formes.

Et maintenant l’époque vient où la Fraternité Blanche Universelle qui est en haut veut se manifester en bas. Jésus disait dans la prière qu’il a donnée : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel», ce qui signifie : qu’il en soit en bas comme c’est en haut. Cette Fraternité Blanche Universelle qui est en haut dirige et distribue tout dans l’univers, et notre Fraternité, ici, est un reflet de la Fraternité d’en haut. Je n’ai jamais pensé que notre Fraternité était la véritable Fraternité Blanche Universelle ( je suis plus réaliste n’importe qui, je ne me fais pas d’illusions), mais elle va le devenir un jour : si tous se préparent pour recevoir et porter en eux les frères d’en-haut, alors notre Fraternité sera la véritable Fraternité. Voilà comment il faut penser. Et mon travail justement, consiste à aider ces grands frères. Consciemment, j’ai promis de les aider pour qu’ils puissent un jour descendre dans des âmes préparées, purifiées… Et, à ce moment-là, de tous les côtés, la terre entière chantera… Il n’y aura plus de guerres, plus de frontières, vous ne pouvez pas imaginer le bonheur qui régnera !… Pourquoi ne pas travailler dans ce sens ?

Et surtout, n’essayez plus de m’instruire de toutes vos philosophies, parce que ces instructions-là, je les connais, je suis passé par là. Mais ce que je connais, moi, vous êtes loin de le connaître. Alors, pourquoi ne pas l’accepter ? Ce sera mieux pour vous. Sinon, il en viendra d’autres à votre place ; ils sont des milliers et des millions qui se préparent… Et vous, où serez-vous ? Quand vous comprendrez, vous verserez une grosse larme en disant : « Ah, que j’ai été bête ! J’ai perdu quelque chose d’inappréciable ! » Mais on ne peut plus retrouver un tel bien une fois qu’on l’a laissé échapper. On peut prier, on peut supplier, c’est fini, le Ciel ne vous le donne plus.

Et maintenant, revenons à la personnalité. Elle peut se manifester sous toutes sortes de formes, mais par exemple chez la femme, la tendance la plus remarquable de sa personnalité est la possessivité: elle veut posséder, tenir, garder pour elle. L’homme, lui, veut conquérir, gouverner, tandis que la femme veut posséder, et ce désir de posséder entraîne d’autres défauts, comme la jalousie. Supposez que je reçoive une sœur un petit peu plus longtemps qu’une autre ( avec la première, c’était plus expéditif !) eh bien, celle-ci va m’en garder rancune. Pourquoi ne se réjouirait-elle pas plutôt, en se disant : « Quel bonheur ! Cette sœur est restée un peu plus longtemps que moi ! » Non seulement elle ne se réjouit pas, mais elle fulmine ! Il faut arriver à vaincre ce défaut, au lieu de rester là, toute la vie, sans rien changer. Voilà un défaut sur lequel il vaut la peine de travailler : la jalousie !

Moi, j’éprouve tout le monde ici, et pour savoir ce qu’il y a dans chacun de vous, je fais de temps en temps des expériences : avec une petite épingle ( c’est une image, évidemment !) je pique quelqu’un, et s’il sursaute, je me dis : « Bon, c’est sa personnalité qui se manifeste » et à certaines paroles qu’il profère, déjà je le classe et je sais désormais ce que je dois faire avec lui. Tous passent de petits examens, et personne ne s’en rend compte sur le moment, ce n’est que plus tard qu’ils comprennent. Je ne veux pas leur faire du mal, non, mais les amener à mieux se connaître. Car ils ne se connaissent pas ; ils pensent qu’ils sont justes, qu’ils sont impeccables, qu’ils voient tout parfaitement. Comment les convaincre qu’ils n’y voient pas très clair ? Je les fais donc passer par certaines épreuves, et c’est alors qu’ils s’en aperçoivent. Voilà comment on peut aider les humains : en leur apprenant à se connaître ; sinon, ils sont remplis d’illusions sur eux-mêmes.(…)

Omraam Mikhaël Aïvanhov
Extrait de conférence du 11juil.1973, in Tome 11, chap. XXll, pp.233-245. Éditions Prosveta.

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